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LA PASSION INÈS

Marie-Claude Gay
Octobre 2011 - 340 pages 21,50 €

Une histoire dans l'histoire,
celle d’un journaliste bordelais partant sur le front de la guerre civile espagnole
et qui découvre la passion.

Le roman s’ouvre en 1936 dans une Europe en crise, partout menacée par la montée des totalitarismes, communisme, fascisme et nazisme. C’est dans ce contexte qu’éclate la guerre d’Espagne, entre nationalistes et républicains.

Le roman de Marie-Claude Gay s’ancre dans le contexte historique de cette guerre : Virgile, un journaliste bordelais est conduit, en tant que correspondant de guerre, à couvrir ce conflit fratricide qui met l’Espagne à feu et à sang. L’auteur puise donc sa matière première dans la réalité historique qui balise le roman empruntant des faits, des événements voire des personnages à l’Histoire.

Madrid, Tolède et l’Alcazar, Irun, Guernica : comme dans « L’espoir » de Malraux, les lieux que traversent les personnages peuplant LA PASSION D’INÈS sont autant de références qui déterminent l’espace du roman. La fiction entre dans L’Histoire. Ainsi des personnages historiques comme La Pasionaria ou Franco, côtoient des personnages de papier, donnant au roman toute sa portée et sa tension dramatique. Mais si l’auteur inscrit le récit fictionnel dans les événements qui en constituent son fondement même, comme un cadre dans lequel la fiction peut évoluer, il serait réducteur de ne voir là qu’un roman historique. La fiction est loin de consister en une simple retranscription de cette guerre civile.

Certes, l’auteur s’y rattache, elle s’en nourrit mais la digère de façon à travailler à sa transfiguration en œuvre littéraire intemporelle. Ainsi le conflit intérieur du héros entre raison et passion, entre son amour calme et serein, pour son épouse et la passion ardente que lui inspire Inès, la belle maîtresse espagnole, relève de l'éternel conflit entre les forces du bien et du mal. Sarah et Inès, deux magnifiques portraits de femme. Un conflit annoncé dès la première page par l’allusion à "La Machine infernale" de Cocteau. Comme Œdipe, Virgile est habité du désir d’atteindre le paroxysme dans les deux pôles de la condition humaine.

Intemporel aussi le parcours initiatique du héros qui voit s’écrouler toutes ses certitudes dans un pays déchiré entre haine et espoir de renaissance.

En un mot : un roman dense, documenté et parfaitement conduit. Un roman fort et riche en rebondissements peuplé d’une foison de personnages attachants. Un roman historique et romantique à la fois que l’on ne lâche pas et que l’on referme à regret.


L’auteur

Née à Tlemcen (Algérie), Marie Claude Gay vit à Brive. Elle a signé sept romans aux éditions Lucien Souny qui ont connu un franc succès (L'Enfant de Tolède, Blessures de Femmes) et a obtenu le Prix Gironde du Second Roman en 1996 à Bordeaux pour Le Temple de l'eau.
Aux éditions Lattès, elle est l'auteur de : Le Serment de St jean de Luz (2003 ), Deuxième vie (2004), Le Défi de Solenn (2005), Une famille bien comme il faut (2006) et Les Amants du Baïkal (2008).