MOHAWK
Richard Russo (Éditions
Presses de la Cité, Quai Voltaire) Septembre 2011- 436 pages - 21 €
Une histoire à la fois déchirante et réjouissante, racontée
avec malice, une histoire où les
triomphes et les échecs des personnages sont embellis par l'humour. John Irving
Une
petite ville au nord de l’État de New York, Mohawk, élevée au rang d’archétype
de la petite bourgade américaine. Russo y décrit un groupe d’individus, hommes
et femmes, de tous âges, dont les vies sont liées, entremêlées, de manière
subtile. Mather Grouse, qui entretient des relations difficiles avec sa fille,
son gendre… et avec Rory Gaffney, à cause d’une vieille histoire qui empoisonne
leurs relations. Ou encore Dallas Younger, ex «vedette » locale du
football ; il dilapide son argent au jeu et dans les bars, ne parvient pas
à se remettre de la mort de son frère et ne comprend plus rien aux femmes,
surtout pas à la sienne. Celle-ci, Anne, mène un combat permanent contre une
mère acariâtre et se sacrifie pour son père. Leur fils, le jeune Randall, se
force à avoir de mauvais résultats à l’école pour se faire bien voir de ses
«camarades» qui n’apprécient pas qu’on soit plus brillant qu’eux. Mohawk abrite
également Dan, prisonnier de son fauteuil roulant après un accident de voiture,
ainsi qu’un homme surnommé Wild Bill, frappé de déficience mentale pour une
raison mystérieuse.
Russo
tisse, par le biais de flashbacks habilement distillés, un récit dont chaque
histoire constitue un fil. Il dépeint les ambitions avortées, les amours et les
haines cachées et dévoile progressivement les secrets de ses personnages.
Par-delà ces destins contrariés, le roman évoque la fin des tanneries et des peausseries
qui faisaient vivre la région, dont il ne reste que les souvenirs, l’amertume,
la pollution et la maladie. Plus généralement, il dresse un portait attachant,
poignant et souvent très drôle d’un mode de vie sur le déclin.
L’auteur
Né
en 1949 aux Etats-Unis, Richard Russo a longtemps enseigné la littérature à
l'université. Il se consacre désormais à l'écriture de scénarios et de romans
dans sa maison du Maine. Après Un homme presque parfait (1995), Un rôle qui me
convient (1998), Le Déclin de l'empire Whiting (2002, Prix Pulitzer), Le Phare
de Monhegan (2004), Quatre saisons à Moha.
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