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Jacqueline de Romilly célèbre Jeanne, sa mère, dans une biographie intime qu'elle a souhaitée posthume. Voici le livre secret de Jacqueline de Romilly. Écrit dans l'année qui suivit la mort de sa mère, en 1977, elle en fit imprimer quelques exemplaires pour les donner à ses amis. Mais par pudeur, par respect, parce qu'il y a quelque chose de vulgaire à se laisser interroger sur ce qu'il y a de plus intime, et parce qu'elle avait horreur de la vulgarité, elle n'a pas souhaité que ce livre soit publié de son vivant et a chargé son éditeur et ami Bernard de Fallois de le publier après sa mort. Elle fait ici le portrait d'une femme aux dons multiples, travailleuse infatigable, qui fit preuve pendant trente ans d'un talent d'écrivain reconnu, mais ne connut jamais le véritable succès. Après avoir perdu son mari au début de la guerre de 14, elle avait choisi de vivre dans l'ombre de sa fille. C'est toute une époque de la vie française du premier XXe siècle que Jacqueline de Romilly fait revivre autour d'elle. Mais c'est aussi le récit - on a presque envie de dire la confession - de l'union indissoluble d'une fille et de sa mère. Jacqueline de Romilly nous en dit beaucoup sur elle-même, à cette occasion, et nous comprenons mieux ce sentiment mêlé d'admiration, de sympathie, de reconnaissance et d'affection que ses lecteurs, même s'ils ne l'avaient jamais rencontrée, ont éprouvé en apprenant sa disparition. L’auteur Première femme à enseigner au Collège de France, académicienne, chantre de la littérature, de la pensée et de la civilisation de la Grèce antique, spécialiste de la langue grecque, Jacqueline de Romilly est décédée en décembre 2010. Elle fut aussi la première femme à intégrer la prestigieuse École Normale Supérieure de la rue d'Ulm. D'origine juive, elle fut contrainte à cesser d'enseigner en 1940, passant son doctorat en lettres en 1947 seulement, avant de rejoindre l'Université de Lille pour y enseigner la langue et la littérature grecques. |







