Communiqué commun face aux attaques de l'extrême droite

En réaction aux actes de vandalisme perpétrés contre Radio d'ici et l'Hydre, plusieurs organismes, syndicats, partis politiques ou associations nous ont fait parvenir un communiqué de presse.


Communiqué commun de : Art en Grève Valence, ASTI Valence, CNT STP26, la Confédération paysanne de l’Ardèche, la Confédération paysanne de la Drôme, Gilets Jaunes Valence, Gilets Jaunes Saillans, les Insoumis Privadois, Les Insoumis du Crestois, NPA 26/07, ROSA et l’Union syndicale Solidaires 07-26

L’extrême droite attaque la radio Radio d’ici à Saint Julien et le café associatif l’Hydre à Crest

Ce vendredi 15 mai 2020, les habitant.es de Crest ont pu découvrir, dans la grande rue passante du centre, sur le café associatif l’Hydre, des vitres brisées, des inscriptions fascisantes (« mort aux rouges », « Anti AFA » [Anti Anti Fa]) et des menaces (« où tu veux quand tu veux »). Cette attaque n’a pas besoin d’autre signature : brutale et virile, il s’agit très clairement d’une attaque faite par des nervis d’extrême droite.

Dans des villes plus grandes, ce type d’agissement est malheureusement régulier, à Lyon notamment, contre des lieux associatifs et/ou militants « de gauche ». C’est la première fois que cela arrive à Crest. Première fois, ou presque, si l’on se souvient des appels à venir casser du gauchiste (à coup de fusil ou de barre à mine) qui circulaient sur les réseaux lors de l’ouverture d’un centre social autogéré, il y a deux ans.

La semaine dernière, c’est Radio d’Ici (la radio associative locale en Nord Ardèche et sud Loire) à Saint Julien Mollin Molette, qui avait été saccagée dans la nuit : matériel aspergé à l’extincteur pour le rendre inutilisable, croix gammées et inscription «14 88» (signe de ralliement employé par les suprémacistes blancs) peintes sur les murs.

Sans oublier les personnes qui, à titre individuel, ont reçu récement des menaces via les réseaux sociaux ou des inscriptions en bas de chez eux.

Comme l’explique très bien le sociologue Ugo Palheta, « Le fascisme ne devient possible comme régime politique que parce qu’il est d’une certaine manière déjà là, en pointillés [...] ». Politique sécuritaire, banalisation de la violence, violence judiciaire (les fameuses lois antiterroristes qui se retournent si facilement contre celles et ceux que le pouvoir voudrait faire taire), autant de signes autoritaires qui rendent possible, créditent, légitiment de tels agissements.

C’est pour cette raison que la lutte contre l’extrême droite ne peut se scinder de celle contre le gouvernement Macron-Philippe, contre ses lois liberticides, contre la précarité qu’il répand à grand coup de réformes, contre sa violence quotidienne. Nous condamnons fermement ces actes et rappelons que le fascisme tue, en France comme ailleurs. Nous affirmons notre soutien et solidarité avec le café associatif l’Hydre, lieu d’échange, lieu de discussion, lieu culturel, lieu à partir duquel s’organise quotidiennement des solidarités.

Nous ne céderons ni à la peur, ni aux appels à la violence, ni aux injonctions virilistes. Le fameux monde d’après, celui que nous cherchons collectivement à inventer, à mettre en oeuvre, sera résolument antifasciste ou ne sera pas.

À Crest comme à Saint Julien Molin Molette, comme partout ailleurs : Pas de fachos dans nos quartiers. Pas de quartiers pour les fachos.

Communiqué rédigé le 22 mai 2020

Publié le 29 mai 2020

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