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Petite chronique Montoisonnaise et confinée...

Par effet de contraste, c’est quand le pire semble la règle que le meilleur devient la norme...

Quand un être vivant subit une agression, son sang se retire des organes périphériques et se distribue sur ceux qui lui sont vitaux. C’est ce qui se passe dans tous nos villages qui paraissent déserts alors qu’ils n’ont jamais été aussi occupés sans doute.

Mon village est aujourd’hui tout le contraire d’un village dortoir avec ses familles entières retrouvées en journée.

Nos médecins se sont adaptés : temps de consultations différents pour patientèle classique et sujets présentant des symptômes évocateurs ; deux d’entre eux en vidéo consultations. Accessibilité rigoureusement organisée par la boulangerie pâtisserie et le buraliste ainsi que la supérette du village voisin.

Le club des aînés assure la veille téléphonique auprès de ses 127 adhérents : pas évident le tricot en télétravail ou la belote en visioconférence, mais le (va)papotage reste addictif... Il faut espérer que les stocks de laine permettent de ne pas avoir à détricoter un jour le travail de la veille, comme le faisait Pénélope, mais pour d’autres raisons...

Les enfants travaillent autant, sinon plus, à les en croire qu’en temps normal. Leurs instituteurs y veillent. La différence est que les parents sont mis à contribution comme rarement.

Les gens se côtoient très assidûment sur la page Facebook de la commune devenue un village virtuel. Ils y retrouvent entre autres les contributions de notre sophrologue, et les recettes quotidiennes de Pascal, notre cuisinier. Les enfants ne se satisfaisaient plus de la sauce vinaigrette maison et avaient besoin de retrouver les sensations gustatives qu’ils partagent habituellement à la cantine. Aujourd’hui et à cette heure, ce sont 301 familles qui préparent des muffins cœurs de chocolat ! Je guette, un jour, peut-être, aurai-je la recette du saucisson brioché...

Une atmosphère qui témoigne des capacités de résilience des groupes humains et de la puissance des liens de solidarités... C’est alors que nos notions de temps et d’espace personnel sont remises en question, que la gravité s’exerce en toutes choses. C’est alors que les lois de la relativité prennent leur sens. Pourvu qu’il en reste quelques traces au-delà et qu’on n’ait pas subi tout ça pour rien... mais ce sera à chacun d’entre nous d’en décider.

Jean-Marc Bouvier,
un vrai amoureux de son village

Publié le 7 avril 2020

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