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Et pendant ce temps-là…

La chronique de René Bergier du 4 avril 2020.

Il faudrait vivre sur une autre planète (si, j'en connais quelques-uns) pour ignorer que nous traversons une grave crise sanitaire. Aujourd'hui, nous sommes confinés et peut-être pour un temps long; confinés mais pas inactifs. Alors restons positifs, car pendant ce temps-là :

Tels nos éminents économistes qui n'avaient pas prédit la crise financière de 2008, le monde scientifique, malgré son immense savoir, n'a pas vu arriver le virus jaune. Les chercheurs cherchent… et peut-être trouveront-ils que d'une crise à l'autre, la finance n'est pas étrangère à ces deux séismes inter continentaux qui, aussi différents soient-ils, ont tous les deux fait mettre un genou à terre à la planète.

Des inconscients bravent les interdits en pensant qu'il vaut mieux être isolé en chambre de réanimation que chez soi; tandis que les parents redécouvrent la joie d'avoir leurs enfants à la maison et que mamie et papy partagent via Internet, leurs vieux cartons de souvenirs photographiques.

La parole s'emballe et les mandarins s'étripent sur les méthodologies, tandis que certains journalistes et politiques font de la surenchère pour vendre leurs boutiques; oubliant au passage qu'ils nous plombent un peu plus le moral chaque jour. Sans compter les bavardages des grandes gueules et de ceux qui savent tout sur presque rien.

Le Pape qui voit bien que le Bon Dieu a eu la main lourde ces derniers temps, envoie ses missionnaires au charbon; tandis que Dany le rouge s'excite indécemment sur les antennes contre le professeur marseillais.

La revente des masques volés a créé une nouvelle race de dealers et le manque de gel hydroalcoolique va donner l'idée à certains, de ressortir le vieil alambic qui croupit au fond du hangar.

Les avions ont arrêté de voler, laissant dans le ciel la place aux oiseaux qui gazouillent de plaisir à respirer un air plus pur; tandis que le chien du voisin doit se forcer pour vider sa vessie… six sorties par jour, ça l'épuise.

Chaque soir, beaucoup applaudissent les soignants qui font un travail remarquable dans des conditions difficiles, pendant que d'autres invitent leur voisine d'infirmière à loger ailleurs. Espérons que ce ne se soient pas les mêmes.

Le locataire de la Maison Blanche défie le virus et veut bien sacrifier "quelques" vies sur l'autel de la bourse; tandis que l'ébouriffé de Londres s'agite en tous sens… dans son appartement confiné. Avant d'être hospitalisé pour cause de Coronavirus...

Les réseaux sociaux déversent à vitesse grand V les informations vraies ou fausses, en même temps qu'ils créent des liens de solidarité, mais alimentent aussi des flots d'invectives entre internautes idiots.

Certains fabriquent à la hâte des étagères pour ranger leur stock stratégique de papier hygiénique, n'imaginant pas un instant que si pénurie il devait y avoir, elle toucherait aussi l'alimentaire; et qui dit diminution de nourriture, dit passages aux toilettes moins fréquents. La poste, convertie au social, se recentre sur ses missions "essentielles", à savoir: la distribution de repas… mais pas du courrier; les deux ensemble; ce n'est pas possible ?

Le grand argentier du haut de son ministère, met en place une tirelire afin de recueillir les dons des Français pour contribuer à la lutte contre le coronavirus; sans préciser si les évadés fiscaux pourront abonder cette cagnotte. Et dans le même temps, le PSG recalcule le salaire de Neymar au chômage.

On n'entend plus parler des débats sur les retraites, des immigrés des côtes italiennes (au fait, que sont-ils devenus ?), de la pertinence du 80 km/h, de la privatisation des aéroports de Paris, des tensions aux Moyen Orient et bien d'autres "futilités" qui font habituellement la Une des médias. On en a même oublié de se quereller sur le changement d'heure. Mais que chacun se rassure, demain on en reparlera. Il a eu un avant, il y aura un après; en attendant, il y a un pendant… plutôt une pandémie.

Et pendant ce temps-là, moi… je lis, j'écris, je pousse des coups de gueule qui ne plaisent pas à tout le monde (en même temps c'est un peu le but), j'échange des nouvelles et des blaguounettes avec mes amis sur le Net, je photographie le temps et je fais un peu d'humour pour essayer de lutter contre le stress ambiant… Et si j'ai pu vous faire sourire un moment à la lecture de ce billet, c'est que j'y ai en partie réussi et que j'aurais ainsi fait ma part de distribution d'optimisme.


René Bergier

Publié le 5 avril 2020

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