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Confinement : témoignages de commerçants de la vallée

Comment les commerçants réagissent ou s'organisent face au confinement ? Première partie : tabac-presse, cabinet d'ostéopathie, plombier et salon de coiffure. 

À Aouste, le tabac presse est autorisé à travailler

tabac presse aousteFlorence et Sylvain Benoit tiennent le tabac presse à Aouste. Même si l’ambiance actuelle est pesante, ils sont conscients de la « chance » de pouvoir travailler dans cette période. Pour Florence, « pas question de se plaindre car nous avons la possibilité de rester ouvert, ce qui n’est pas possible pour beaucoup de commerçants ».

Elle ajoute : « C’est quand même bizarre de se retrouver seul, la convivialité du bar chez Greg, juste à côté, me manque. Vivement qu’Aouste retrouve son petit train-train quotidien ! ».

Dans l'ensemble, les clients sont plutôt respectueux des consignes imposées. « Mais cette épidémie n'est malheureusement pas finie, il faut être très vigilants avec les règles à respecter. Au magasin, nous avons installé une vitre pour faire barrière entre les clients et nous, de manière à continuer de travailler plus sereinement en respectant les consignes du gouvernement ».

Myriam Tahouati est ostéopathe et maman de deux enfants

« Après les annonces de notre Président, j'ai décidé de fermer mon cabinet d'ostéopathie le lundi 16 mars. De toute façon je n'avais pas vraiment le choix, puisque mes enfants n'avaient plus école, et que je ne vis plus avec leur père. J'ai dû annuler tous mes rendez-vous de la semaine ; ceux qui n'avaient pas déjà été décommandés par mes patients.  De toute façon, je n'ai eu que très peu d'appels pour des prises de rendez-vous à partir de cette date-là… Pas plus de quatre dans la semaine ! Normal, je fais un métier de contact.

Depuis cette date, je ne travaille plus et je ne sais pas encore exactement comment je vais être dédommagée. En même temps, je m'occupe de la scolarité de mes enfants à la maison. Cette situation est assez inconfortable, ne sachant pas très bien combien de temps elle va durer. J'ai fait la demande de report d'un crédit professionnel, mais je n'ai pas encore de réponse de ma banque. Si je garde la plupart de mes frais professionnels, je vais rapidement me retrouver en difficulté ».

Gilles Bon, gérant d’une entreprise de plomberie, est inquiet

L’entreprise de chauffage, plomberie et entretien de Gilles Bon, installée à Crest, tourne au ralenti.

Le Crestois : Avez-vous des informations sur la bonne manière de travailler ? 

Gilles Bon : Non, durant cette période de confinement, nos entreprises sont dans le flou le plus total. Nous avons beaucoup de difficultés à savoir comment faire avec nos employés, entre les congés payés, les arrêts de travail et le chômage partiel. Il n'y a pas de réponses claires de nos responsables politiques. De plus, je vais rencontrer un problème avec ma trésorerie si cela devait durer plus d'un mois.

L.C : Comment continuez-vous ?

G.B : Pour mon entreprise, j'ai choisi de faire un roulement avec mes employés ; ils sont tous volontaires. Nous sommes trois à faire les dépannages urgents sur les quatorze employés que compte l'entreprise. Chaque semaine, nous changerons. Car, dans notre métier, nous ne pouvons pas laisser les gens sans chauffage ni eau chaude ou avec une grosse fuite d'eau. De leur côté, les clients ne veulent pas que l'on vienne chez eux pour les entretiens annuels ou faire des travaux moins urgents. Donc je ne vais pas garder mes employés à ne rien faire. On nous dit qu'il faut faire travailler nos gars en sécurité avec des masques, des gants…. Je veux bien, mais faudrait-il pouvoir en avoir. Moi, j'ai donné mes masques à une aide-soignante qui je pense, en a plus besoin que nous ! Alors, que fait-on ? Les urgences oui, les chantiers non. Dans ces moments difficiles il faut être solidaire.

Un salon de coiffure, un commerce comme les autres...

Amandine Sahakian est la gérante de Bambou Coiffure à Aouste. Elle préfère rester solidaire et souhaite ressortir plus forte de cette crise.

« Suite à l'annonce du Président, notre salon de coiffure a dû fermer ses portes pour une durée interminée. Le stress envahit nos pensées même si cette décision est compréhensible par rapport aux conséquences du virus. Depuis la semaine dernière, ma vie de chef d'entreprise est rythmée par les coups de téléphone, les échanges par mail pour essayer d'avoir des réponses à de nombreuses questions, ou encore les démarches à effectuer... Tous sont là pour nous répondre, nous aider, nous soutenir. L'État met en place des dispositifs. Toutes les démarches doivent se faire en ligne, créant beaucoup de saturation. Il va falloir faire preuve de patience pour la validation de chaque dossier car nous ne sommes, malheureusement, pas tous seuls dans cette situation.

Je suggère que l’on arrête de ne penser qu'à nous et essayons de trouver des solutions ensemble, serrons-nous les coudes, soyons patients. Il y aura un après, et nous en sortirons plus forts. Je souhaite aux petites et grandes entreprises que toutes s'en sortent, que nos clients soient tous aux rendez-vous pour la réouverture de nos commerces.Toutes ses chevelures et ses barbes en attente... Nos barbus qui, j'espère, pendant ce confinement, continuent leur rituel "beauté" conseillé par leurs coiffeuses... »

Propos recueillis par Corinne Lodier

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